Sunday, November 21, 2010

AGENDA CULTUREL : "Claude El Khal : Et si on changeait la face du cinéma libanais ?"

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Claude El Khal : Et si on changeait la face du cinéma libanais ?

Réalisateur, scénariste, écrivain Claude El Khal a déjà à son actif trois courts-métrages, le scénario d’un premier long en quête de producteur, un roman et des idées plein la tête.

Claude El Khal s’est rendu cette année au Festival de Cannes, muni du scénario de son premier long-métrage, Circle, à l’invitation de la Fondation Liban Cinéma, dans l’espoir de susciter un intérêt pour le scénario. Des indications à propos du film ? "Dans un long-métrage, j’aime bien mélanger les genres", répond Claude El Khal. "Il y a un côté comédie, toujours un peu noire, un thriller saupoudré de surnaturel. Le film se passe à Beyrouth. Disons que Beyrouth est l’un des personnages principaux du film. Beyrouth en tant que femme… Je n’en dirai pas plus pour le moment", ajoute-t-il dans un sourire mystérieux. Après différentes versions, différents titres, le scénario est entièrement achevé, au bout de trois ans de travail. Et les discussions se poursuivent pour trouver un producteur, pour trouver un financement. Tâche ardue, mais une chose est sûre : Claude El Khal ne fera aucune concession, même s’il est "difficile de convaincre un producteur qui chercherait à imposer sa propre vision du film".

Ecce Hommos
Un producteur étranger figé dans l’idée d’un Liban confessionnel, en guerre… et un réalisateur Libanais qui cherche à sortir le cinéma local de ces clichés… L’image est familière. C’est le sujet du 3ème court-métrage de Claude El Khal : Ecce Hommos, réalisé à l’occasion de l’évènement "Beyrouth tout court", et produit par Zoé productions. Pour ceux qui n’ont pas encore jeté un coup d’œil sur ce petit bijou, eh bien, vous n’avez qu’à déplacer votre curseur sur le site http://claudeelkhal.com. Et le rire est garanti. Cela semble d’ailleurs la réaction unanime. Mais ce rire reste, malgré tout, coincé dans la gorge, car Ecce Hommos dépeint une réalité, une situation vécue par Claude El Khal et par différents réalisateurs libanais qui ont eu à traiter avec des producteurs étrangers. D’ailleurs, le titre du film tombe à pic. "Ecce homo est une expression de Ponce Pilate qui signifie Voici l’homme. Mais nous représentons toujours des symboles pour les étrangers, peut-être un grain de hommos. Pour qu’un film Libanais soit facilement adopté par un producteur étranger, il faut qu’il évoque la guerre, le hommos, les traditions, les clichés… Ce n’est pas facile de réaliser un film d’horreur, une comédie romantique, un thriller…" s’indigne Claude. Mais la pilule est passée, via le rire.
Le succès de Ecce Hommos se poursuit. Tout d’abord dans les festivals : il a été présenté au short film corner du marché du film du festival de Cannes 2010, après avoir été projeté au Festival du court-métrage francophone à Londres, au Festival du film libanais à Montréal, au festival du film arabe en Australie, et au Festival Né à Beyrouth 2009.
Ensuite sur la Toile : propulsé par le blog de la journaliste d’origine iranienne Delphine Minoui, il a fait le tour de plusieurs blogs, a atterri sur You Tube et a fait une longue carrière sur Facebook… "C’est un court-métrage populaire, qui s’est fait par un coup de hasard, contrairement à mes deux autres courts métrages, qui ont été bien réfléchis, bien préparés". En 1998, Claude El Khal réalise Bloody Mary Afternoon, une comédie noire qui emmêle le concept de télé-réalité et de médiatisation outrancière avant même que le sujet ne soit d’actualité. Quelques années plus tard, en 2003, au moment où le Liban est toujours sous occupation syrienne, Beau Rivage, qui porte le nom du QG des services de renseignements syriens, est projeté au Festival Né à Beyrouth.

Les idées toujours en ébullition, Claude El Khal, éternel rêveur idéaliste, ne cesse d’écrire des scénarios de court et de long-métrages, ne cesse d’écrire tout court, en attendant, peut-être bientôt, une suite à Flemme, publié en 2005, aux éditions Tamyras.

Nayla Rached

Retrouvez l'article original sur le lien suivant:
http://agendaculturel.com/NewsDetails.aspx?pageid=357


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