Monday, April 9, 2012

Le sexe des femmes

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Si le sexe des femmes parlait, que dirait-il ?

Que nous raconterait-il ? Quels secrets dévoilerait-il ? Comment s’exprimerait-il ? Quels mots s’échapperaient de ses lèvres humides ?

On imagine celui d’une ingénue, timide et maladroit, hésitant à former ses phrases, et à les énoncer de façon intelligible. Ou bien celui d’une fille à soldat, dont la gouaille n’aurait rien à envier à l’Arletty de l’Hôtel du Nord. Alors que celui de la Reine d’Angleterre se suffirait peut-être d’un « we are not amused ».

On imagine les plus hirsutes chanter de vielles balades de Joan Baez ou de Maxime Le Forestier. Les plus épilés, prendre des accents aristos. Et les plus rasés, minauder d’une voix de petite fille attardée.

Que dirait le sexe d’une femme qui a connu beaucoup d’hommes ? Ferait-il un inventaire à la Prévert de toutes les verges qui l’ont visité ? Ricanerait-il de ces nouilles à moitié cuites, coquillettes, tortellinis, ou longs spaghettis mollassons, qui se sont échinés en vain à lui donner un peu de plaisir ? Se souviendrait-il avec effroi de l’œil cyclopéen de ce gros colosse gorgé de sang qui l’a malmené ? Ou bien serait-il ému à l’évocation de cette bite parfaite, idéale, magnifique, qui l’a tant fait jouir, mais qui appartenait malheureusement à un salaud. Sans compter toutes ces têtes engoncées dans un caoutchouc protecteur, comme des cambrioleurs de pacotille venus dérober un illusoire butin.

Que dirait celui d’une femme qui n’a connu qu’un seul homme et sa petite queue fripée ? Mais qui a vu passer, l’un après l’autre, année après année, tous ces bébés gélatineux, le déformant à jamais…

Que confesserait celui d’une jouvencelle, qui découvre les jeux interdits à l’aide d’un doigt à l’ongle raccourci ? Celui de la ribaude, allergique aux triques, qui accueille avec bonheur la langue habile d’une autre femme ? Celui de la jeune pucelle, offerte aux appétits d’un mari qu’elle n’a pas choisi ? Celui de l’épouse battue, violée, déshonorée, et meurtrie ?

Mais, heureusement, le sexe des femmes ne parle pas.

Parce que le sexe, ce n’est pas matière à commérage, caquetage, et bavardage. Ce n’est pas un sujet de conversation de salon, autour d’un thé au citron ; de lavoir, autour d’un caleçon aux tâches coriaces; ou même de salle d’attente, autour d’un magazine féminin. Bref, le sexe n’est pas une affaire de femme.

Parce que le sexe, c’est du sérieux.

Mais attention, pas n’importe quel sexe. Le sexe chaste. Le sexe utile. Celui de la perpétuation de l’espèce. Celui du « croissez et multipliez ». Pas le sexe futile. Pour le plaisir. Non, ce sexe-là est maudit, honni, banni.

Le sexe ne doit exister que dans le cadre sacré du mariage. Celui des draps blancs maculés de sang de la vierge officiellement intronisée femme, épouse, puis mère. Dont les droits se métamorphosent par l’acte coïtal en devoirs, puis en servitude. Une créature docile qui doit pondre des marmots et baisser les yeux quand on lui parle. Et qui, surtout, doit être interdite de ce terrible péché, cette insulte suprême à la décence et à la morale : le plaisir.

Quoi ? Une femme qui a un orgasme ? Au bucher, Belzébuth ! Le devoir conjugal, par contre, ça s’est sacré !

Le destin sexuel d’une femme doit se résumer à accepter gracieusement et sans moufter la semence du mâle, même s’il y va un peu à la hussarde, et finisse par lui ronfler dans l’oreille, l’écrasant de son gros corps mou, plein de bière et d’idées reçues. Avec pour seule satisfaction, celle de porter en elle l’héritier tant espéré, qui deviendra avec l’âge, le clône imbécile et poilu de son fier géniteur.

Et si c’est une fille que la malheureuse enfante –avec les femmes on ne sait jamais, on dira que ce n’est pas grave. Puis on priera en secret pour qu’elle devienne une belle jeune fille. Une jeune fille qu’on pourra investir dans un mariage utile. Et pas un boudin qui restera longtemps une bouche de plus à nourrir.

Oui, heureusement que le sexe des femmes ne parle pas.

Parce que s’il parlait, ses révélations pourraient renverser toutes les valeurs qui régissent nos sociétés. Et faire tomber les colonnes viriles du temple. Le temple des hommes. Un temple bâti sur le principe fondamental de l’asservissement des femmes.

Si le sexe des femmes pouvait parler, il changerait le monde.

À Jamais.


© Claude El Khal, 2012

5 comments:

Anonymous said...

:) grosso modo: heureusement que le sexe des femmes ne parle pas...ou bien, ayant deux levre, si seulement il avait les cordes vocales! :)

K.line, de "Mes petites histoires a moi" said...

C'est genial!!! J'adore ce style - on ne se lasse pas de ton regard sur la societe! :)

Anonymous said...

Et le sexe des hommes ds tout ca?

danielle said...

Personellement, je suis une grande fan de tes mots...mais ceux la, n'etaient pas a la hauteur de ce que pourrait dire le sexe d'une femme...si on ne doit pas en parler, alors faudrait peut etre le crier...ou le suggerer...ou le lire entre les mots....dans une subtilite et une creativite a laquelle tu nous as habitue...je crois que c'etait du Claude castre :) je t'aime et prends les bien mes commentaires, surtout ne t'acharne pas sur moi!!!!

Maissa Badreddine said...

Premièrement j’ai un commentaire a faire sur les mots ou la pensée suivante.
« Parce que le sexe, ce n’est pas matière à commérage, caquetage, et bavardage. Ce n’est pas un sujet de conversation de salon, autour d’un thé au citron ; de lavoir, autour d’un caleçon aux tâches coriaces; ou même de salle d’attente, autour d’un magazine féminin. Bref, le sexe n’est pas une affaire de femme.
Parce que le sexe, c’est du sérieux. »

La femme ne se limite pas seulement sur une matière de commérage ou de bavardage.
Si je comprends bien tu es entrain de dire que la femme passe son temps a banaliser les sujets car elle passe son temps a bavarde et que la femme ne sait pas s’y faire avec le sérieux et donc le sexe n’est pas son affaire.
‘si notre sexe est muet et vous mettiez tant d’énergie pour le décrire Claude je me demande bien que serai son effet sur vous Les hommes si l’avait les mots pour vous charmer encore plus que vous ne l’êtes’.

Vu que la femme est une source d’émotion à moitie dévoile, parfois vulgaire d’autre colère et voir même tendre et amoureuse.
Que pourrai donner le sexe lorsque cet humain de sexe féminin peut être Épouse, Femme au foyer, Femme au lit, Femme de profession, Maman, sœur et Fille.
Tout ces adjectives variant et changeant selon l’état d’esprit, l’étape de vie provenant d’une même personne a mon avis sont suffisant pour montrer que la femme est a la hauteur de ce sujet sérieux comme tu dis ‘le sexe’. Si le sexe de la femme Parler, il serait une réflexion de son état et de ces esprits et de son dévouement émotionnel.

J’ai bien di au début la femme est une source d’émotion à moitie dévoilé. Car la femme même si elle éprouve ou montre ces émotions, sa douceur, son amour, son agressivité avec les mots ceci ne montre pas ce que la femme ressent a l’intérieur d’elle .car l’être humain n’a pas trouve encore les mots qui sont a la hauteur de ce qu’elle ressent.
Ce cote a moitie cache est relativement liée au fait que le sexe de la femme ne parle pas car si il parlait tout son intérieur, son âme, ces esprit bien profond s’aurai libérer a l’extérieure et voila vient la réponse a ta question .Si le sexe parler, la femme aurai dévoilé au complet ces empotions qui se cache a l’intérieur, ces émotions tendre, doux, maternelle, agressive, fou, joyeux et triste.
Donc le sujet de sexe pour la femme ne s’agit pas de bavardage autour d’un café mais plutôt d’un accomplissement d’un état d’âme qui est a moitie dévoilé par les mots et l’autre moitie bouillant dans le silence muet.

Cheers dear friend.