Friday, November 2, 2012

Ma préface du livre de Bélinda Ibrahim : "États Dames" (éditions noir sur blanc)

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Le monde littéraire libanais est une bien étrange jungle.

Surtout sa banlieue francophone. Banlieue chic bien entendu, majoritairement habitée par des gens comme il faut, élevés chez les frères ou chez les sœurs, fils et filles de bonne famille, propres sur eux, s’habillant chez Prada ou, pour les plus rebelles, chez Zadig et Voltaire.

Evidemment, tout ce brave monde écrit. Ecrit et publie.

Les bourgeoises parce qu’elles s’ennuient, et qu’il faut bien faire quelque chose entre le thé avec les copines et le diner chez madame machin. Les ventrus parce que le succès de leurs bons mots en société ou sur les réseaux sociaux les ont convaincu qu’ils étaient les Prévert du Levant. Les forts en dissertations parce que leurs bonnes notes de bons élèves bien coiffés les ont propulsés génies de la littérature. Sans oublier les boutonneux pré pubères, parce qu’il leur est arrivé de dire une phrase intelligente à la fin d’un repas familial sous le regard ébahi des parents, convaincus d’avoir mis au monde un petit Mozart littéraire.

On peut aussi y croiser quelques talents.

Bélinda Ibrahim est de ceux là.

Bélinda Ibrahim écrit comme elle vit, avec passion. Elle aime les mots, elle aime les savourer, les croquer, les déguster, pour ensuite les offrir à ses lecteurs, comme un chef concocte ces mets délicieux qui ravissent nos palais. Avec amour et générosité.

Générosité, voilà le mot. Dans cette jungle où beaucoup d’auteurs, avec ou sans « e », pensent être la Sublime Porte de la chose écrite, pour qui les autres n’existent qu’accessoirement pour les caresser dans le sens de l’égo, Bélinda Ibrahim s’offre comme une amante, du temps où ce mot avait encore un sens.

Dans ses textes, elle s’enthousiasme, aime, déteste, crie, pleure, rie, se laisse aller parfois à la mélancolie, pour mieux se reprendre, et s’enthousiasmer à nouveau.

Mais je ne vais pas me lancer dans une éloge panégyrique, ou dans une fumeuse explication de texte, alors que vous n’attendez qu’une chose : tourner cette page pour découvrir les « Etats Dames » de Bélinda Ibrahim. Pour découvrir la grande âme d’une très grande dame.

Bonne lecture. 


© Claude El Khal, 2012

2 comments:

Anonymous said...

Love you Claude El Khal ! BB:)

Anonymous said...

LOVE YOU TOO CLAUDE EL KHAL