Friday, February 12, 2016

Un ministre nommé pénis

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Y a pas à dire, il est d’une intelligence fulgurante, François Hollande. Alors que les plus graves crises internationales sont aujourd’hui liées au monde arabe, il choisit un ministre des Affaires étrangères dont le nom, en Arabe, veut dire "son pénis".

Les guerres en Syrie, au Yémen et en Libye, la crise des migrants, Daech et le terrorisme takfiriste, le conflit sunnite-chiite, sont aujourd’hui au centre de toutes préoccupations internationales. Et la langue des principaux protagonistes est l’Arabe.

Pourquoi avoir choisi Jean-Marc Ayrault comme ministre des affaires étrangères ? Pourquoi parmi toutes les personnalités socialistes à sa disposition, François Hollande n’a opté que pour celle dont le nom porte regrettablement à équivoque ?

Il est fort probable que le président français et avec lui le Parti Socialiste vivent dans une espèce de lalaland, mi-Bisounours mi-Perlinpinpin. Et que tout cette brave crème de la gauche bien repassée pense que non, mais enfin, où est le problème, on leur dira comment ça se prononce, on publiera des communiqués expliquant clairement qu’il faut dire Éraulltt et non Ayyro, on mettra en ligne un site web intitulé www.prononcez-Ayrault-correctement.gouv.fr et tout ira à merveille.

La réalité sera sans doute tout autre. Malgré les salamalecs et les courtoisies de façade, les Arabes ne vont pas se priver de se gausser du nom de cet homme pourtant affable, digne représentant de la diplomatie française.

Sachant que le respect envers son interlocuteur est un élément primordial de la chose diplomatique, on peut aisément deviner qu’après avoir ricané en douce et fait discrètement quelques jeux de mots salaces, certains diplomates ne vont pas en avoir beaucoup pour le nouveau ministre des affaires étrangères.

A part le respect que peut inspirer le patron du Quai d’Orsay, quelles cartes restent à la France dans les négociations internationales?

Ce n’est plus un pays riche mais une nation endettée qui se débat dans une grave crise économique qu’elle peine à résoudre. Donc financièrement sans grand intérêt.

Politiquement et militairement, elle est assujettie à la stratégie américaine. L’intervention militaire en Syrie, annoncée à grands coups de conférences de presse solennelles puis avortée parce qu’Obama en avait décidé ainsi, en fut la preuve la plus frappante. Et la plus humiliante.

Reste le prestige. Celui de la France était énorme, surtout dans le monde arabe. Mais après le passage de l’ouragan Sarko et la stagnation de la mousson PS, il n’en reste malheureusement plus grand-chose. Et ce n’est surement pas un ministre qui s’appelle "son pénis" qui va pouvoir changer ça.

Monsieur Hollande, je vous en conjure, au nom de la France que nous aimons tant, soyez gentil, la prochaine fois réfléchissez un peu avant d’agir.


© Claude El Khal, 2016

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