Sunday, June 26, 2016

L’Europe d’aujourd’hui, prophétisée il y a plus de 50 ans

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"Tout le monde parle de l’Europe. Mais c’est sur la manière de faire cette Europe que l’on ne s’entend plus", disait Jean Gabin dans 'Le Président' d’Henri Verneuil. Une scène culte qu’il est indispensable de revoir aujourd’hui.

A l’heure où la Grande Bretagne a décidé de quitter l’Union Européenne, et que le fonctionnement même de l’UE est remis en cause par de plus en plus de citoyens européens, les dialogues brillants et prophétiques de Michel Audiard – le film a plus de 50 ans – sont d’une actualité brûlante.

Dans une scène d’anthologie, le "Président" (Jean Gabin) s’oppose à Chalamont (Bernard Blier), un parlementaire lié aux "puissances de l’argent", comme on disait alors. Les deux hommes n’ont pas la même vision de l’Europe.

"J’ai vu la police charger les grévistes, je l’ai vue aussi charger des chômeurs. J’ai vu la richesse de certaines contrées, et l’incroyable pauvreté de certaines autres. Et bien durant toutes ces années, je n’ai jamais cessé de penser à l’Europe. Monsieur Chalamont lui a passé une partie de sa vie dans une banque à y penser aussi. Nous ne parlons forcément pas de la même Europe."

"Tout le monde parle de l’Europe. Mais c’est sur la manière de faire cette Europe que l’on ne s’entend plus (…) Ce projet [l’Europe de Chalamont] je peux d’avance vous en énoncer le principe ! La constitution de trusts verticaux et horizontaux et de groupes de pressions qui maintiennent sous leur contrôle non seulement les produits du travail, mais les travailleurs eux-mêmes ! On ne vous demandera plus, Messieurs, de soutenir un ministère, mais d’appuyer un gigantesque conseil d’administration !"

Et de conclure :

"La politique, Messieurs, devrait être une vocation. Je suis sûr qu’elle l’est pour certain d’entre vous. Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient, et qui nécessite de grosses mises de fonds car une campagne électorale coûte cher ! Mais pour certaines grosses sociétés, c’est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du Conseil, alors là, le placement devient inespéré !"


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