Tuesday, March 14, 2017

Ce que veulent (vraiment) les Libanais

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Chaque jour, politiciens et activistes nous expliquent que les Libanais veulent ceci et que les Libanais veulent cela. À les écouter, les Libanais ne penseraient qu’en slogans grandiloquents et ne seraient habités que par des idéaux grandioses. Il est peut-être temps de leur rappeler ce que les Libanais veulent vraiment.

Les Libanais veulent vivre en paix puis vieillir dans la dignité la plus élémentaire. Les Libanais veulent qu’on arrête de leur mentir et de les diviser, pour mieux les utiliser. Les Libanais veulent qu’on arrête de les voler et d’en faire des obligés courant après la charité des princes, des voyous et des nantis.

Les Libanais veulent ne plus mourir n’importe quand, n’importe comment, pour n’importe quoi, et voir la vie de ceux qu’ils aiment sombrer dans le désespoir et la haine.

Les Libanais veulent faire des affaires, gagner de l’argent, le dépenser, acheter plein de choses qui brillent puis flamber devant la famille, les amis et les voisins. Les Libanais veulent se marier, avoir des enfants, les envoyer dans les meilleures écoles pour s’en vanter devant qui voudra bien les entendre.

Les Libanais veulent rire, chanter, danser, manger, boire, raconter des blagues salaces, puis pleurer en écoutant des chansons tristes. Les Libanais veulent toujours avoir raison. Les Libanais veulent se plaindre de ce qu’ils n’ont pas et remercier Dieu pour ce qu’ils ont.

Les Libanais veulent prier, espérer, rêver, croire au Père Noël et à toutes les conspirations possibles et imaginables. Les Libanais veulent vous raconter les plus grands secrets de la géopolitique internationale puis vous inviter à déjeuner, ne vous laissant partir que lorsque vous êtes au bord de l’indigestion.

Les libanais veulent réciter des poèmes à voix haute et faire de leur vie un immense théâtre lyrique où tout est plus grand que nature et où les sentiments s’exclament avec force et générosité.

Et, bien entendu, les Libanais veulent qu’on arrête de leur dire ce qu’ils veulent.


© Claude El Khal, 2017

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