Saturday, July 22, 2017

Idiots utiles ou alliés de Daech et Norsa?

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Au début, ils nous ont dit que Daech n’existait pas. Que c’était une fable inventée par Bachar el-Assad pour massacrer tranquillement son peuple sous un prétexte fallacieux. Ils ont juré par tous les dieux qu’il n’y avait pas de vilains terroristes en Syrie, rien que de gentils révolutionnaires.

Après que Daech a annoncé la création de son califat à cheval sur l’Irak et la Syrie et rendu public toute sorte d’horreurs possibles et inimaginables, ils ont admis son existence mais nous ont assuré que c’était le méchant Bachar qui l’avait fabriqué avec ses petits doigts sanguinolents.

Quand les Etats-Unis ont révélé que Daech avait été créé par des anciens d’Al Qaeda dans une prison américaine en Irak, ils nous ont dit : bon d’accord le méchant Bachar n’a pas fabriqué Daech avec ses petits doigts sanguinolents mais c’est lui qui le manipule de ses longues mains machiavéliques.

Dès que les attentats terroristes ont commencé au Liban, ils ont été forcés de changer de refrain. Obsédés par le Hezbollah, ils pensaient avoir trouvé l’argument idéal pour l’accabler. Mais comment l’accuser, lui et son intervention en Syrie, d’être la cause des attaques daechistes au Liban si l’Etat islamique est manipulé par l’allié damascène du Hezb?

Que faire? Quoi dire? Comment revenir sur ce qu’ils ont martelé pendant plusieurs mois comme une vérité immuable?

Imperturbables, ils ont tout simplement fait comme si Daech en Syrie n'existait plus et se sont focalisés sur le Hezbollah, source de tous les malheurs du Liban, des guerres du Moyen-Orient et des sept plaies d’Egypte. Tout en niant bien sûr que l’Etat Islamique et son clone Jabhat al-Nosra avaient ouvert boutique au pays des cèdres.

Mais voilà, Daech et Nosra, à partir de leurs bases du jurd d'Ersal, ont décidé d’attaquer l’armée libanaise. Ils ont tué plusieurs militaires, kidnappé une trentaine de soldats et de policiers avant d’en assassiner quatre d'entre eux durant leur captivité.

A moins d’affirmer que les terroristes avaient inventé la télétransportation à la Star Trek et s'étaient soudain matérialisés sur le territoire libanais, ils ont été obligés d’admettre que Daech et Nosra s’y étaient implantés.

C’est à partir de ce moment que leur rhétorique est devenue surréaliste. Sans sourciller, ils ont éludé le danger que représentaient les jihadistes au Liban et déclaré que l’armée libanaise instrumentalisait leur présence pour maltraiter les réfugiés syriens.

A chaque étape de leur longue kyrielle de dénis et de mensonges, si nous avions l’outrecuidance de les contredire, ils nous lançaient calomnies et anathèmes au visage. Ils nous accusaient d’êtres des racistes invétérés. Des amoureux transis de l’ophtalmo damascène. Des fétichistes du turban chiite. Des agents du complot millénariste perse. Des graines de dictateurs sanguinaires. Des ersatz d’Hitler. Des adorateurs de Satan.

Quand la guerre en Syrie sera terminée, ils nous diront qu’en fait tout ça c’était la faute à l’Iran. Ou aux Russes. Ou à la Chine. Ou à l’empereur Palpatine. Selon l’ennemi officiel du moment. Ce sera alors la vérité de l’heure, indiscutable, absolue et sans appel.

Maintenant que la décision d’en finir avec Daech et Nosra a été prise et que la bataille d’Ersal a commencé, devinez sur quoi ils se focalisent? Mais sur le Hezbollah bien sûr! Comme si la participation de ce dernier à la bataille était de loin plus grave que l’occupation d’une partie du territoire libanais par les organisations terroristes les plus monstrueuses de ce siècle. Comme si il y aurait pris part si l'armée avait eu les mains libres pour mener cette bataille toute seule.

En réalité, depuis l’apparition de Daech et Nosra, sous prétexte d'être des adversaires farouches des régimes syrien et iranien, ces gens-là n’ont jamais vraiment dénoncé les agissements des jihadistes. Bien au contraire, après avoir nié leur existence, ils ont souvent justifié et même parfois dédouané leurs actions criminelles.

Ces journalistes, intellectuels, politiciens et militants de la société civile sont-ils les idiots utiles du jihadisme ou ses alliés objectifs? S'imaginent-ils être de fins stratèges ou ne sont-ils que des esprits et des plumes à louer?

Aux idiots utiles et fins stratèges, je recommande vivement un implant de neurones – chose scientifiquement possible, paraît-il. Et aux esprits et plumes à louer, je pose une question toute simple : combien ça coûte une conscience?


© Claude El Khal, 2017

1 comment:

Anonymous said...

Toujours aussi pertinente et percutante Ms Claude El Khal. Chapeau....