Wednesday, July 26, 2017

L’émotion contenue de Hassan Nasrallah

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Je ne retiens, ce soir, du long discours de Hassan Nasrallah que les dix dernières minutes où l’homme s’est adressé avec une émotion difficilement contenue aux combattants dont il a charge et à leurs familles.

Ces dix dernières minutes, profondément humaines, sont suffisantes pour comprendre le dévouement et la loyauté des combattants et des partisans du Hezbollah envers leur chef.





Je n’ai vu une telle intimité avec ses troupes et ses gens chez aucun autre leader libanais. Il est l’un d’eux et il est chacun d’entre eux. Le lien qui les unit va au delà des convictions idéologiques ou religieuses. Ou même de l’appartenance à telle ou telle tribu, secte ou confession.

Ce lien est familial, filial, fraternel. Il est organique. Pour les uns il est un père, pour les autres un fils ou un frère. Pour tous, il est la meilleure version d’eux-mêmes.

A l’inverse de la plupart des leaders libanais qui, coupés de leurs gens et de la réalité, s’imaginent être des demi-dieux et vivent dans une Olympe faite de palais et de dollars.

Leur relation avec leurs partisans et sympathisants est souvent celle du prince envers son vassal, méprisante et intéressée. Quand ils ne parlent pas pour ne rien dire, ils mentent aux bonnes âmes qui les suivent, et profitent de leur popularité pour satisfaire leurs ambitions personnelles.

Hassan Nasrallah est à la tête de la plus puissante et plus structurée formation politique libanaise et d’une branche armée d’une envergure régionale. C’est un chef autant politique, militaire que religieux. Sa popularité au sein et en dehors de sa communauté est immense. Son influence est sans précédent dans l’histoire du Liban.

Quel autre leader libanais tient en haleine les dirigeants, généraux et médias de plusieurs nations, amies et ennemies, à chacune de ses adresses publiques?

Il aurait très facilement pu profiter de ce pouvoir considérable pour s’enrichir, pour propulser sa famille au rang d’aristocrates et vivre comme un négus. Qui aurait pu l’arrêter?

Mais l’homme vit chichement, presque clandestinement, et n’a que faire des honneurs pompeux des officines du pouvoir et des salons mondains. Son fils aîné ne lui succédera pas, il est mort au combat comme un simple soldat.

Les hommes qui se battent sous son commandement, les autres qui restent à la maison, qui les attendent et trop souvent les pleurent, savent que le Sayyed se bat, attend et pleure avec eux.

Ma culture et philosophie politique, laïque, anticléricale, antimilitariste et libertaire, très attachée à la souveraineté sans concession du Liban et au rejet de toute interférence extérieure dans les affaires libanaises, fait de moi un adversaire du Hezbollah et de son affiliation à la Wilayat el Faqih iranienne.

Mais je ne peux, en toute honnêteté, ne pas reconnaître la grande valeur de l’homme et ne pas respecter son engagement et le lien profondément humain qu’il a réussi à tisser avec les siens.

Quant aux jeunes combattants qui se sont sacrifiés pour débarrasser le Liban du fléau takfiriste, je ne peux qu’exprimer ma profonde gratitude et partager l’émotion contenue de Hassan Nasrallah.


© Claude El Khal, 2017

8 comments:

Boudi1959 said...

Nice words

Georges Nakle said...

J'adhère totalement à votre opinion. Je ne suis pas un partisan aveugle du Hezbollah ni n'admets l'intégralité de son idéologie politico religieuse.
Cependant, force est de reconnaître la grandeur, la sincérité, le véritable nationalisme et l'humilité de son dirigeant, le seul à mon sens :intègre et non corrompu.
Et pour être honnête, malgré bien des torts qu'on peut reprocher en toute légitimité au Hezb durant son long parcours depuis le début des années 80,c'est aujourd'hui la seule structure militaire à la fois disciplinée et fermement engagée, en dehors de l'armée libanaise dans notre pays. C'est malheureusement là que le bât blesse : un état dans l'État ! Mais sans doute l'histoire des nations (la nôtre de nation est très jeune malgré l'âge avancé de notre pays) doit elle s'accommoder de certains accidents ou soubresauts épisodiques pour justement forger un véritable sentiment nationaliste propre à écrire ou réécrire l'histoire avec un grand H !
Je ne suis pas Hezbollah. Mais je suis tous ses combattants dans leur combat actuel. Et je suis, o combien, Hassan Nasrallah !

Antoine Bonfils said...

Si, selon vous, il est un si grand homme, comment expliquer son soutien inconditionnel au bourreau de Damas ?

Anonymous said...

Monsieur Bonfils
Saddam Hussein etait un bourreau aussi, cependant regardez ce qui en a suit en Irak.
le monde etait un monde meilleur avec Saddam Hussein.
ne soyez pas aveuglé par la propagande qu on plante dans votre cerveau et que l on arrose si bien.
sur ce...

Anonymous said...

Il n ya pas si longtemps Mr. Bonfils vos gouvernements et vos presidents apportaient eux aussi un soutien inconditionnel a celui que vous qualifiez maintenant de bourreau et l apportent toujours aux bourreaux presents qui ecrasent leur ressortissants en toute impunite et sauvagerie

Abderrahim said...

Les vrais bourreau qu´a connue toute l´humanité dans toute son histoire sont les sionistes et leurs patrons a Wachinfgton, Londre, Paris et leurs petits pions a travers le monde ... Vive la Resitance Libanaise

Nicolas Sbeih said...

Charisme, emotion, lien fort avec les partisans...etc: le portrait type de ces chefs ecervelés, du FARC au Sentier Lumineuxau..., qui, a leur apogée, engendrent des Hitler et des Mussolini

. said...

Le Hezbollah n'est pas qu'une milice vierge de toute implication dans la politique libanaise.
Il est la couverture des moins beaux que lui; rappelons que Amal (dont personne ne va tenter de faire un exemple de probité j'espère) est son allié fidèle.

Rappelons les trafics de drogue dans le nord de la Békaa.
Rappelons que quand le Hezb est au gouvernement, il n'a aucun scrupule à approuver les hausses de TVA, à faire tomber Charbel Nahas au moment ou celui-ci défend les salariés, à faire l'éloge de l'occupation baassiste.

Rappelons qu'il est resté solidement du coté du régime dans les élections aux syndicats des enseignants qui ont vu tomber Hanna Gharib puis Nehme Mahfoud.

Si Hassan Nasrallah a de l'empathie pour SES hommes, il n'a que du mépris pour les autres. Un vrai leader du régime.