Saturday, November 26, 2011

SANTÉ BEAUTÉ - Chronique nº 9 : Fin de régime et rouleaux de printemps

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On en apprend des choses en regardant la télé.

L’autre jour sur Canal +, un documentaire passionnant sur les liaisons passées de l’Hexagone et des dictatures arabes. On y voyait, entre autres, les préparatifs d’un spectacle pharaonique censé célébrer les 40 ans de pouvoir de Kadhafi. Un spectacle produit et interprété par des Français.

Le journaliste demandait à l’une des participantes : « Que pensez-vous du régime libyen ? » Et la fille de répondre : « Je ne mange que du poulet. La nourriture ici est assez grasse. Et les desserts sont très très sucrés. »

Au-delà de la bêtise et de l’impardonnable ignorance de la jolie naïve, on pourrait y voir une intéressante analogie. Et comme, dans ces pages, on ne parle pas politique, on va donc discuter diète, on va papoter régime.

Ce n’est plus un secret pour personne : les Arabes ont une mauvaise alimentation. La plupart n’ont d’ailleurs pas grand-chose à se mettre sous la dent. Alors que leurs princes ripaillent aux banquets des nations, ils se demandent comment faire pour nourrir leur marmaille. Le comble, c’est qu’en fin de repas, il faut qu’ils desservent la table, rangent discrètement les restes, et applaudissent aux rots des maîtres repus. Sinon c’est jalapeños sur les tortillas et Tabasco sur les palmitos.

Bref, fatigués d’avaler des couleuvres et de se manger des torgnoles, les Arabes décident enfin de changer de régime.

Comment ne pas approuver ? Les couleuvres et les torgnoles c’est très indigeste à la longue. Alors ils demandent poliment au chef de jeter son tablier et de rentrer chez lui. L’ennui, c’est qu’il s’accroche aux cuisines, le chef. Lui, les couleuvres et les torgnoles, il ne sait faire que ça. Il ne va quand même pas apprendre à concocter de fins petits plats allégés. Pas à son âge. Donc il se rebiffe, il sort les couteaux et l’huile bouillante. Il menace, il s’indigne, comment ça vous ne voulez plus de mes salades ? Mais c’est plein de protéines, les couleuvres ! Et les torgnoles, ça revigore, non ?

Mais comme les Arabes ne veulent rien entendre, ça finit par bouillonner dans la marmite, et à sérieusement sentir le graillon. Le chef est finalement forcé de bouffer sa toque et les cuisines de changer de patron.

Puis vient la grande question : quoi mitonner maintenant ? Quelles recettes pour l’avenir ? On peut se ruer vers les réserves et s’offrir une orgie gargantuesque. Mais ce n’est pas raisonnable. Et pas très bon pour la santé. On peut aussi décider de résoudre le problème de la diète nationale en rédigeant des menus frugaux, ascétiques, en accordance avec les lois du Ciel. Mais ce n’est pas une solution non plus. Les lois du Ciel n’étant pas forcément les mêmes pour tout le monde. On peut se dire, tiens, y a qu’à regarder chez le voisin, voir ce qu’il s’y mijote. Peut-être qu’on pourrait s’inspirer.

Si le voisin s’appelle Liban, on peut être tenté. Après tout, un mezzé de 17 petits plats différents, délicats et délicieux, ça ne doit pas être désagréable au palais.

En réalité, les 17 plats sont identiques, presque vides, et ont dépassé depuis longtemps la date limite de consommation. Et ça, comme régime, c’est moins Dukan que Ducon.

Que faut-il donc faire pour avoir un repas décent et nourrissant, une alimentation saine et équilibrée ? Faut-il faire table rase –taboulé rasa ?

Y a-t-il dans ce vaste monde un quelconque exemple gastronomique à suivre ?

Les Chinois se nourrissent à l’amiante. Les Japonais au radioactif. Les Français pensent que la fermentation, qui fonctionne si bien pour le fromage et le vin, peut s’appliquer à tout. Mais toutes les moisissures ne sont pas bienfaisantes. Il y a des taches brunes et bleues Marine qui devraient inquiéter… Les Britanniques continuent d’envelopper leur fish & chips dans du papier tabloïd, dont l’encre est bien plus nocive que la fumée d’une cigarette anglaise. Quant à l’Amérique, qui s’entête à continuer son irrémédiable naufrage vers l’obésité, elle ne peut raisonnablement présenter une alternative viable.

Alors quoi ? Faut-il inventer une nouvelle forme de régime ? Un régime plus adapté aux besoins de chacun, plutôt que de nous gaver d’indigestes recettes toutes faites, prêtes-à-manger, qu’il faut avaler de gré ou de force ?

L’idée n’est pas si bête, si on y réfléchit bien. Food for thoughts, comme on dit sur la BBC.

Bon, tout ça m’a donné faim. Et mon frigo est encore vide…

Allo delivery ?

Publié dans "Santé Beauté" - Novembre 2011

2 comments:

Anonymous said...

Voilà l'une de tes meilleures certainement. Pourtant, ce n'est pas si compliqué de trouver la nouvelle recette qui devra comporter bon nombre d'ingrédients de celles déjà mises en oeuvre. Elles sont, par définitition, partageuses, à base de justice sociale, de solidarité, au moyen d'une redistribution, à la sauce régime fiscal plus poivré pour les plus riches, seul moyen pour amener les lingots nécessaires pour faire bouillir la marmite nationale. On aurait alors un régime plus équilibré qui éviterait le surpoids des uns et l'anorexie subie des autres. Aider aussi les PME (celles qui créent le plus d'emplois paradoxalement) en les assaisonnant moins que les grosses entreprises qui dégraissent leurs effectifs pour faire saliver leurs actionnaires.
Mais toutes ces turpitudes trop salées vont finir par nous couper l'appétit. Et on n'aura même plus la force de se battre pour parvenir à la recette équitable. Pour qu'on ne s'indigne plus, on nous les sert en salades sans vinaigre, avec tilleul en fin de repas. Bonne nuit les petits citoyens endormis!
Marie-Jo

Anonymous said...

Voilà l'une de tes meilleures rubriques certainement. Pourtant, ce n'est pas si compliqué de trouver la nouvelle recette qui devra comporter bon nombre d'ingrédients de celles déjà mises en oeuvre. Elles sont, par définitition, partageuses, à base de justice sociale, de solidarité, au moyen d'une redistribution, à la sauce régime fiscal plus poivré pour les plus riches, seul moyen pour amener les lingots nécessaires pour faire bouillir la marmite nationale. On aurait alors un régime plus équilibré qui éviterait le surpoids des uns et l'anorexie subie des autres. Aider aussi les PME (celles qui créent le plus d'emplois paradoxalement) en les assaisonnant moins que les grosses entreprises qui dégraissent leurs effectifs pour faire saliver leurs actionnaires.
Mais toutes ces turpitudes trop salées vont finir par nous couper l'appétit. Et on n'aura même plus la force de se battre pour parvenir à la recette équitable. Pour qu'on ne s'indigne plus, on nous les sert en salades sans vinaigre, avec tilleul en fin de repas. Bonne nuit les petits citoyens endormis!
Marie-Jo