Saturday, August 4, 2012

Étonnant, non ? (part 2)

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Il y a une certaine cohérence dans le gouvernement libanais actuel : un ministre de l’électricité sans électricité, un ministre de la culture sans culture, un ministre du tourisme sans tourisme, et un ministre des affaires étrangères totalement étranger aux affaires.

Saisissant.

Finalement, à quoi ça sert d’avoir un ministère de la culture au Liban s’il ne s’occupe ni de patrimoine, ni de cinéma, ni de théâtre, ni de littérature, ni de musique, ni d’art plastique, ni d’expression corporelle? Il vaudrait mieux le remplacer par un ministère de la connerie, ça serait plus en harmonie avec la véritable vocation du pays.

Confondant.

Si Amin Maalouf était resté au Liban, combien de Libanais auraient lu ses livres ? S’il était resté, Nicolas Hayek aurait-il inventé la Swatch ? Et Gabriel Yared, n’aurait-il pas perdu ses années à composer des musiques de pub pour l’Arabie Saoudite ?

Déprimant.

Si je comprend bien, quand deux homos s’embrassent en public, c’est une grave et inacceptable atteinte à l’ordre public et doit être sévèrement réprimée. Mais quand des bandes d’hétéros brulent des pneus, bloquent les routes, tirent en l’air à l’arme automatique, bref, empoisonnent la vie de leurs concitoyens, c’est tout à fait normal, et doit être accepté comme une saine et virile forme de notre sacro-sainte liberté d’expression ?

Ahurissant

Quand les Libanais s’énervent, ils brulent des pneus, polluent l’air que respirent leurs enfants et bousillent leur santé. Puis comme ils n’ont pas les moyens de les soigner, ils s’énervent encore plus et brulent encore plus de pneus.

Inouï.

Petit dictionnaire des expressions libanaises : «se promener» se dit «sentir le vent», «faire un gueuleton» se dit «exploser un ventre», «parler pour ne rien dire» se dit «claquer des mâchoires», et «se foutre de la gueule du monde» se dit «huit et quatorze mars».

Etonnant.

Le Liban est un régime parlementaire. C’est à dire que ce sont les Libanais qui élisent leurs députés. Ces députés élisent un président de la République, qui nomme un premier ministre. Le premier ministre nomme un gouvernement qui est soumis au vote de confiance de ces mêmes députés élus par les Libanais. Conclusion : arrêtez de râler et de blâmer les politiques, c’est vous qui leur avez donné le pouvoir.

Et voilà.


© Claude El Khal, 2012