Wednesday, November 16, 2011

Conasses !

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Aliaa El Mahdy. En voilà une qui a un vrai courage.

Ça nous change de nos passionarias locales, dont l’audace se résume à des "na-na-nèreu" sur facebook et à bronzer leurs flasques fesses au bord des piscines. Mais qui n’ont pas encore compris que les printemps arabes ne sont, pour les femmes, qu’un long hiver annoncé.

Aliaa El Mahdy pose nue. Aliaa El Mahdy demande aux hommes de se photographier voilés. Aliaa El Mahdy risque sa vie.

Aliaa El Mahdy est égyptienne. Forcément. Aliaa El Mahdy n’aurait pas pu être libanaise.

Les Libanaises, on les voit foncer sur les routes, se frayant un chemin à coups de pare-chocs et de klaxons. On les voit sur les plateaux télés, défendre le verbe haut un régime alimentaire qui leur est cher. On les voit dans les bureaux, les supermarchés, les usines, les champs, véritables moteurs de l’économie nationale. On les voit dans les restaurants, les bars, les clubs. On les voit dans les écoles, les universités. On les voit se lancer à l’assaut du pavé, le drapeau à bout de bras, d’orange ou de bleu enfoulardées, à se pâmer devant le caïd de l’heure.

Pourtant, quand il s’agit de défendre leurs droits les plus fondamentaux, il n’y a plus personne. Ou presque. Rares, trop rares, sont celles qui se démènent pour que la république reconnaisse qu’elles sont des citoyennes à part entière.

Imaginez : une femme libanaise n’a même pas le droit de transmettre sa nationalité à ses enfants…

Les Libanaises sont des connes. Plus phallocrates qu’un mec. A mouiller aux vroum-vroum de gros vibros chromés. A comparer leurs double D siliconés. A jalouser leurs voisines, ces salopes qui ont un mari plus gras du portefeuille que leurs ventrus à elles.

Les plus ridicules sont celles qui hurlent contre le fait qu'il n'y ait pas de femmes au gouvernement, parce que ce dernier est formé par leurs adversaires politiques. Mais qui ferment leur gueule quand une instance de leur propre camp refuse toute législation interdisant la violence domestique.

Je peux comprendre qu'on puisse être malhonnête avec les autres. Mais être malhonnête avec soi-même...

« Bats ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait », dit un proverbe arabe. Après on vient nous parler de démocratie et de droits de l'Homme....

Avant de s'exciter sur les « révolutions » des autres, on serait bien inspirés d'en faire une chez nous, mais une vraie cette fois, pas une mascarade comme celle dite « du cèdre ».

Une révolution féministe. Une révolution humaniste.

Il y a bien une pétition qui circule. Mais signer des pétitions, ça ne suffit pas. On sait tous et depuis longtemps que ça ne sert pas à grand-chose.

Il faut descendre dans la rue, et y rester jusqu'à ce que des lois soient votées. Il faut faire la grève, ne plus aller au boulot, paralyser le bon fonctionnement de cette société archaïque. Il faut obliger vos maris, vos fiancés, vos amants, vos amis à faire pareil. Et s’ils refusent, quittez-les, ils ne vous méritent pas.

Il faut aller voir les députés des deux camps et leur faire comprendre que s'ils ne font rien, ils n'auront aucune voix féminine aux prochaines élections. Et que vous allez tout faire pour obliger les hommes à vous imiter. Même la grève du sexe. Voilà comment on change les choses.

Décidément, plus je vis au Liban, moins j'aime les Libanaises.

Heureusement qu’il y a Aliaa El Mahdy.


© Claude El Khal, 2011

Le blog de Aliaa El Mahdy : http://arebelsdiary.blogspot.com